Frais d'une vente en viager : ce que paient le vendeur et l'acheteur

Publié le Mis à jour le Lecture 7 minRédaction Le Guide du Viager
En bref

Dans une vente en viager, l’acheteur supporte en règle générale les droits d’enregistrement et les frais de l’acte, calculés sur le bouquet augmenté de la valeur capitalisée des rentes, sans pouvoir descendre sous la valeur vénale. Le vendeur assume surtout les certificats obligatoires, l’éventuelle mainlevée d’hypothèque et ses propres frais de conseil ; les charges courantes sont réparties par l’acte.

Une vente en viager entraîne les mêmes catégories de frais qu’une vente immobilière classique, avec quelques particularités liées à la rente et à l’occupation du bien par le vendeur. Cet article présente, pour chaque partie, les frais ponctuels liés à la transaction, la manière dont leur base est déterminée et les charges qui pèsent ensuite sur chacun pendant la durée du contrat. Il ne donne volontairement aucun taux : les droits d’enregistrement relèvent des Régions, ils ont été modifiés à plusieurs reprises ces dernières années et leur calcul exact revient au notaire.

Vue d’ensemble : qui paie quoi ?

La répartition ci-dessous correspond à l’usage le plus courant. L’acte peut en décider autrement, à condition que ce soit écrit.

PosteÀ charge, en règle générale, de
Droits d’enregistrement sur la venteAcheteur
Honoraires et frais de l’acte de venteAcheteur
Certificats et attestations obligatoires pour vendreVendeur
Mainlevée d’une hypothèque existanteVendeur
Frais d’expertise ou d’intermédiaireCelui qui les a commandés
Frais d’inscription d’une garantie pour la renteSouvent l’acheteur, selon l’acte
Frais d’un éventuel crédit pour financer le bouquetAcheteur

Les frais d’acquisition à charge de l’acheteur

Les droits d’enregistrement

Toute vente d’un bien immobilier situé en Belgique donne lieu à la perception de droits d’enregistrement au profit de la Région où se trouve le bien. Le taux, les éventuels abattements et les réductions (par exemple pour l’achat d’une habitation propre et unique) diffèrent entre la Région wallonne, la Région de Bruxelles-Capitale et la Région flamande, et dépendent de conditions personnelles à vérifier au cas par cas.

Ce qui est propre au viager, c’est la base sur laquelle les droits sont calculés. Il n’y a pas un prix unique payé comptant, mais un bouquet et une suite de rentes. La base imposable comprend en principe :

  • le bouquet ;
  • la valeur capitalisée des rentes, c’est-à-dire leur expression en capital ;
  • les charges que l’acheteur prend à son compte en plus du prix, lorsqu’elles en font partie.

Cette base ne peut pas être inférieure à la valeur vénale de ce qui est vendu. En viager occupé, où le vendeur se réserve un droit d’habitation ou un usufruit, la manière dont ce droit réservé est pris en compte relève de règles fiscales techniques : c’est au notaire de faire le calcul et de le justifier.

Les honoraires du notaire et les frais de l’acte

Les honoraires du notaire pour un acte de vente sont fixés par un barème légal dégressif, calculé sur le prix ; ils ne se négocient pas. S’y ajoutent des frais administratifs et des débours (recherches hypothécaires et cadastrales, renseignements urbanistiques, transcription de l’acte), la TVA sur les honoraires et frais, ainsi que divers droits et rétributions perçus par l’État. L’ensemble est souvent désigné sous le nom de frais de notaire, alors qu’une grande partie de la somme est reversée à l’administration.

Le notaire peut établir un décompte prévisionnel avant la signature. Le site notaire.be explique la composition de ces frais et propose des outils de calcul généraux.

Les frais liés aux garanties et au financement

Dans un viager, le vendeur fait crédit à l’acheteur pour toute la durée de la rente. L’acte prévoit souvent des garanties : le privilège du vendeur, une inscription hypothécaire complémentaire, parfois une garantie bancaire. Leur constitution entraîne des frais (inscription, commission bancaire), dont la charge est fixée par l’acte et revient fréquemment à l’acheteur.

Si l’acheteur emprunte pour payer le bouquet, l’acte de crédit hypothécaire engendre ses propres frais, distincts de ceux de la vente.

Les frais à charge du vendeur

Le vendeur ne paie pas de droits d’enregistrement sur la vente, mais plusieurs postes lui reviennent.

Les certificats et documents obligatoires

Avant la mise en vente ou au plus tard lors du compromis, le vendeur doit fournir certains documents, dont la liste varie selon la Région et le type de bien :

  • le certificat de performance énergétique (PEB ou EPC selon la Région) ;
  • le procès-verbal de contrôle de l’installation électrique pour une habitation ;
  • les informations relatives à l’état du sol (attestation du sol à Bruxelles et en Flandre, extrait de la banque de données de l’état des sols en Wallonie) ;
  • en Région flamande, une attestation amiante pour les bâtiments plus anciens ;
  • les renseignements urbanistiques, que le notaire demande à la commune.

Pour un appartement, s’ajoutent les informations que le syndic doit communiquer sur la copropriété (charges, travaux décidés, fonds de réserve). La loi met en principe les frais de transmission de ces informations à charge du vendeur ; les particularités de ce cas sont développées dans l’article sur la vente d’un appartement en viager.

La mainlevée d’une hypothèque existante

Si le bien est encore grevé d’une hypothèque, par exemple pour un ancien crédit, le vendeur doit en obtenir la mainlevée afin de vendre un bien libre de charges. Le solde éventuel du crédit est remboursé et la radiation de l’inscription entraîne des frais, en règle générale supportés par le vendeur. Dans un viager, où le bouquet est souvent modeste ou absent, il faut vérifier en amont que le vendeur dispose des moyens de rembourser ce solde.

Les frais de conseil et d’intermédiaire

L’estimation par un expert, la mission d’un intermédiaire immobilier ou l’avis d’un conseiller fiscal sont payés par la partie qui les a sollicités, sauf accord contraire. Chaque partie peut par ailleurs choisir son propre notaire ; en principe, l’intervention d’un second notaire ne majore pas les honoraires de l’acte, qui sont partagés entre eux.

La fiscalité : ce qui n’est pas un frais

Deux confusions reviennent souvent.

  • La rente n’est pas, en règle générale, taxée chez le vendeur. Pour la vente d’un bien immobilier privé, la rente perçue n’est en principe pas imposable à l’impôt des personnes physiques en Belgique. L’idée d’une « fraction imposable selon l’âge » vient d’un autre régime et ne s’applique pas à ce cas. Des exceptions existent (bien professionnel, plus-value à caractère spéculatif, opération requalifiée), à confirmer selon la situation.
  • **Le précompte immobilier n’est pas un frais de vente.** C’est un impôt annuel, dû chaque année pendant toute la durée du contrat.

L’ensemble des questions fiscales est traité dans l’article sur la fiscalité du viager.

Les charges pendant la durée du contrat

Une fois l’acte signé, d’autres dépenses courent, dont la répartition dépend surtout du type de viager et des clauses de l’acte.

ChargeViager occupé (usage le plus courant)Viager libre
Précompte immobilierSouvent l’occupant, selon l’acteAcheteur
Entretien et réparations courantesVendeur occupantAcheteur
Grosses réparationsAcheteur (nu-propriétaire)Acheteur
Assurance incendie du bâtimentÀ répartir dans l’acteAcheteur
Charges de copropriétéRéparties entre occupant et propriétaire selon leur natureAcheteur
Consommations (eau, énergie)Vendeur occupantAcheteur ou locataire

En viager occupé, la répartition entre entretien et grosses réparations s’inspire du régime de l’usufruit organisé par le Livre 3 du Code civil, sauf clause contraire. Le détail des obligations de chacun figure dans l’article sur les droits et obligations en viager occupé.

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Questions fréquentes

Les frais d’un viager sont-ils plus élevés que ceux d’une vente classique ?

Les catégories de frais sont les mêmes. La différence tient surtout à la base de calcul, qui intègre la valeur capitalisée des rentes, et aux garanties souvent prises pour protéger le vendeur, qui ont un coût. Selon le cas, le total peut donc être comparable ou un peu supérieur.

Le vendeur et l’acheteur peuvent-ils se partager les droits d’enregistrement ?

Les parties peuvent convenir d’une répartition différente des frais dans le compromis et l’acte. À l’égard de l’administration, les droits restent toutefois dus selon les règles fiscales. Une telle clause modifie aussi, en pratique, l’équilibre du prix : elle est à discuter avec le notaire.

Quand les frais sont-ils payés ?

Les droits d’enregistrement et les frais de l’acte sont versés au notaire avant ou lors de la signature de l’acte authentique. Le compromis de vente doit lui-même être présenté à l’enregistrement dans les quatre mois, ce qui fixe le calendrier de la perception.

Les frais sont-ils dus si le vendeur décède peu après la vente ?

Oui, en règle générale : les frais se rapportent à l’acte, pas à la durée de la rente. Une exception concerne le décès, dans les vingt jours, d’une maladie dont le vendeur était atteint lors de la signature, qui prive le contrat d’effet ; les conséquences sur les droits déjà perçus sont alors à examiner avec le notaire.

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