Glossaire · Fichen° 11 / 54Aussi : clause résolutoire expresse, pacte commissoire

Clause résolutoire

Clause expresse de l’acte qui permet au vendeur d’obtenir l’anéantissement de la vente en viager et la restitution du bien si l’acheteur ne paie pas la rente ; sans elle, la loi l’exclut.

Définition

La clause résolutoire est une stipulation par laquelle les parties conviennent que le contrat pourra être anéanti si l’une d’elles ne respecte pas une obligation déterminée. Dans une vente en viager, elle vise principalement le défaut de paiement de la rente viagère par l’acheteur.

Elle revêt une importance particulière en Belgique en raison de l’article 1978 de l’ancien Code civil. Selon ce texte, le seul défaut de paiement des arrérages n’autorise pas le crédirentier à demander le remboursement du capital ni à rentrer dans le bien aliéné : il peut seulement faire saisir et vendre les biens du débiteur pour obtenir le paiement. Seule une clause résolutoire expresse insérée dans l’acte permet d’écarter cette règle. Son interprétation par les tribunaux est à vérifier auprès d’un notaire ou d’un avocat.

L’expression « pacte commissoire » est parfois employée dans le même sens par les juristes.

Comment cela fonctionne

La clause est rédigée par le notaire dans l’acte authentique. Elle précise en général le manquement visé (par exemple un nombre déterminé d’échéances impayées), la mise en demeure préalable et le délai laissé au débirentier pour régulariser.

La résolution n’est pas pour autant mécanique ni « automatique ». Le crédirentier doit, en règle générale, mettre l’acheteur en demeure, puis faire constater la résolution, le cas échéant en justice si le débirentier la conteste. Le juge peut contrôler que la clause est invoquée de bonne foi et que ses conditions sont réunies.

Une fois la résolution acquise, le bien revient au vendeur. Le sort du bouquet et des rentes déjà versées dépend de l’acte : il prévoit souvent que tout ou partie reste acquis au vendeur à titre d’indemnité, ce qui s’analyse alors comme une clause pénale. Le juge peut, en règle générale, réduire une indemnité manifestement excessive.

La clause résolutoire complète les autres garanties du crédirentier, notamment le privilège du vendeur, l’inscription hypothécaire et l’éventuelle garantie bancaire.

Points d’attention

  • Sans clause résolutoire expresse, le vendeur impayé ne peut pas récupérer son bien : vérifiez sa présence et sa rédaction avant la signature.
  • La clause doit être précise sur le manquement visé, la mise en demeure et le délai de régularisation ; une formulation vague affaiblit la protection.
  • Le sort des sommes déjà versées doit être prévu explicitement, en gardant à l’esprit qu’une indemnité disproportionnée peut être réduite.
  • La clause ne dispense pas de prévoir d’autres sûretés : en pratique, une procédure de résolution prend du temps.
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Questions fréquentes

La clause résolutoire joue-t-elle dès le premier retard ?

Cela dépend de sa rédaction. Elle prévoit généralement un nombre d’échéances impayées et une mise en demeure restée sans effet pendant un certain délai. Un simple retard ponctuel ne suffit en principe pas.

Le vendeur doit-il rembourser le bouquet en cas de résolution ?

La réponse dépend de l’acte. Celui-ci peut prévoir que le bouquet et les rentes restent acquis au vendeur à titre d’indemnité, sous le contrôle possible du juge. À défaut de clause, les restitutions obéissent au droit commun, à examiner avec un avocat.

La clause résolutoire peut-elle être invoquée contre les héritiers de l’acheteur ?

Oui, l’obligation de rente passe aux héritiers qui acceptent la succession, avec les garanties qui l’accompagnent. Si ceux-ci cessent de payer, le crédirentier peut faire valoir la clause dans les mêmes conditions.

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