Glossaire · Fichen° 17 / 54Aussi : valeur occupée, abattement d'occupation, décote pour occupation

Décote d'occupation (valeur occupée)

Réduction appliquée à la valeur vénale d’un bien vendu en viager occupé, correspondant à la valeur du droit d’occuper le bien que le vendeur conserve jusqu’à son décès.

Formation du prix d'un viager occupéOn part de la valeur vénale du bien libre, on retranche la décote d'occupation pour obtenir la valeur occupée, qui se répartit entre le bouquet payé comptant et le capital converti en rente viagère.DE LA VALEUR DU BIEN AU PRIX DU VIAGER1 Valeur vénale (bien libre)2 Valeur occupéedécote d'occupation3 BouquetCapital converti en rente viagèreValeurs relatives indicatives : la décote dépend de l'âge du vendeur et du droit qu'il conserve.
Schéma 01De la valeur vénale au bouquet et à la rente (proportions indicatives).

Définition

La décote d’occupation est la diminution de prix qui tient compte du fait que l’acheteur d’un viager occupé ne pourra ni habiter ni louer le bien tant que le vendeur y vit. Le vendeur se réserve en effet un droit réel sur le logement, le plus souvent un droit d’usage et d’habitation, parfois un usufruit. Ce droit a une valeur économique : on la retranche de la valeur vénale du bien libre.

Le résultat est la valeur occupée, parfois appelée valeur économique du bien vendu. C’est elle, et non la valeur libre, qui est ensuite répartie entre bouquet et rente. En viager libre, il n’y a pas de décote d’occupation, puisque l’acheteur dispose immédiatement du bien.

Comment cela fonctionne

La valeur du droit réservé est généralement estimée comme la somme des loyers que l’acheteur ne percevra pas pendant la durée probable d’occupation. Trois paramètres entrent en jeu :

  • **la valeur locative du bien**, c’est-à-dire le loyer qu’il pourrait rapporter sur le marché ;
  • la durée probable d’occupation, tirée de l’espérance de vie du ou des occupants selon une table de mortalité ;
  • **un taux technique**, qui actualise les loyers futurs : un euro de loyer perçu dans quinze ans vaut moins qu’un euro aujourd’hui.

Plus l’occupant est jeune, plus la durée probable est longue et plus la décote est importante. Une occupation par deux personnes (couple) l’augmente également. Le type de droit compte aussi : un usufruit, qui permet au vendeur de louer le bien, pèse en principe davantage qu’un simple droit d’habitation.

Il n’existe en Belgique ni barème légal ni pourcentage de référence pour cette décote. Les chiffres « types » qui circulent ne sont que des ordres de grandeur propres à ceux qui les publient ; chaque dossier doit être calculé avec ses propres paramètres.

Points d’attention

  • La décote n’est pas un cadeau fait à l’acheteur. Elle rémunère la privation de jouissance. Une décote excessive appauvrit le vendeur ; une décote trop faible fait payer à l’acheteur un logement dont il ne profite pas.
  • Bien définir le droit réservé. Droit d’habitation ou usufruit, possibilité ou non de louer, sort du droit en cas de départ en maison de repos : ces choix modifient la valeur et doivent figurer dans l’acte.
  • Libération anticipée. Si le vendeur quitte définitivement le logement, l’acte peut prévoir une majoration de la rente en contrepartie : voir la libération anticipée.
  • Valeur fiscale distincte. L’administration applique ses propres règles pour valoriser un droit réservé lors du calcul des droits d’enregistrement ; elles ne coïncident pas forcément avec la décote négociée. Le notaire vérifie ce point.

Questions fréquentes

Pourquoi la décote diffère-t-elle d’une estimation à l’autre ?

Parce qu’elle dépend d’hypothèses : table de mortalité utilisée, taux technique, estimation du loyer. Deux calculateurs qui retiennent des paramètres différents obtiennent des valeurs différentes pour le même bien.

La décote est-elle recalculée si le vendeur vit plus longtemps que prévu ?

Non. Elle est fixée une fois pour toutes dans l’acte. Si l’occupation dure plus longtemps qu’estimé, c’est l’acheteur qui en supporte l’effet ; si elle est plus courte, il en profite. C’est la logique même de l’aléa.

Y a-t-il une décote dans un viager libre ?

Pas de décote d’occupation, puisque le vendeur ne conserve aucun droit sur le logement. Le prix part alors de la valeur vénale du bien libre.

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